Didier Lombard, PDG de France-Telecom, devant le logo Orange TM
Il s'appelait Gérard. Fonctionnaire des PTT, ouvrier syndiqué, d'extrême gauche, toujours aimable, il avait gravi tous les échelons de l'entreprise, passant à travers tous ses statuts juridiques, mais en restant fonctionnaire. Sa situation familiale et sa santé étaient mauvaises. Un jour, on lui a demandé de revenir dans de nouveaux locaux en "open space" qu'il détestait. Il s'est suicidé.
Elle travaillait à la DRH de FranceTelecom-Orange. Un jour, on lui demande de licencier un salarié du groupe. La décision était déjà prise par sa hiérarchie, elle le licencia. Quelques temps plus tard, on lui annonce, sans ménagement, que l'homme s'était suicidé. Elle tomba gravement malade.
Par la fenêtre ou par la porte, film de Jean-Pierre Bloc, avec le concours de l'étrange alliance du syndicat Sud-PTT et de la CGC (les cadres), réunit peut-être tous les poncifs et les défauts du genre. On y voit aussi, étrangement, la présence de Stéphane Richard, qui fut PDG par la suite. Mais le film est aussi criant de vérité et la souffrance de ces hommes et de ces femmes ordinaires crève l'écran.
C'est l'histoire d'un procès hors norme qui est aussi une première juridique: un président et une direction d'entreprise, si puissants soient-ils, tombent sous le coup du droit commun lorsqu'il y a mort d'homme, même sans intention de la donner. Ce fut aussi l'histoire d'une mondialisation ratée, avec un joyau de l'industrie française "colbertiste" (si l'on peut dire) sacrifié à tous les vents du libéralisme. Ce sont bien les politiques français, de droite comme de gauche, qui sont passés, sans précaution, d'un extrême à l'autre.
On aurait pu demander son avis à un syndicat réformiste comme la CFTC. Voici donc par exemple mon point de vue sur cette affaire, exprimé sur le site du syndicat à l'occasion de la sortie de mon livre Un idiot dans la ville (éditions Persée).
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Pourtant, son itinéraire va à l'encontre du sens de l'Histoire de l'art moderne. Lui, il évolue de l'abstraction radicale, violente, vers la figuration, même simplifiée, presque expressionniste. Tandis que les couleurs, lugubres au début, deviennent chatoyantes, excessives, avant de sembler trouver une certaine sérénité sous le soleil de Provence. C'est un peu l'anti-Picasso.
David, l'israélite, contre Goliath, le philistin dans une célèbre gravure de Gustave Doré. David, armé d'une fronde, contre le géant philistin. Il vient de l'emporter, et brandit la tête du géant qui semble se confondre avec la sienne.
François est-il "un pape de gauche", comme on l'a parfois affirmé? C'est probablement une erreur et certainement une expression vide de sens. Le pape vient du nouveau monde, une Amérique du Sud construite par l'immigration européenne.

La mondialisation n'a que faire des vraies traditions parisiennes, comme celle des bouquinistes. Ils sont là depuis cinq siècles, nous disent-ils, et vont devoir déménager, pour laisser la place aux hordes de touristes sportifs sirotant leur coca-cola pour voir passer le roi Macron, icône de la Société du spectacle.
C'est un jardin de roses connu dans le monde entier. Une ville qui a changé de nom pour porter celui d'une roseraie célèbre. Une harmonie unique de couleurs, de parfums et d'art.
"Frérisme!" Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue au CNRS, a inventé un nouveau mot. Ou plutôt, elle a mis un mot sur une chose et l'a donc jetée en pleine lumière. Dans ce livre remarquable, étayé par un long travail de chercheuse, elle détaille la stratégie des Frères musulmans lancés à la conquête de l'Europe depuis un siècle.
Cela nous rappelle l'affaire "Aristote au mont Saint Michel". Ce livre de Sylvain Gouguenheim, paru en 2008, avait déclenché une véritable chasse aux sorcières. Le crime de Gouguenheim, universitaire reconnu, lui aussi? Avoir relativisé le rôle des arabes dans la transmission de la philosophie grecque à l'occident chrétien.