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Euthanasie pour les pauvres, transhumanisme pour les riches

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L'euthanasie va bientôt devenir légale en France. Sans que personne, à notre connaissance, ne donne la vraie raison de cette loi sur "l'aide à mourir": le progrès médical vertigineux qui sauve, malgré eux, toujours plus de malades, qui coûtent de plus en plus cher. Les débats à l'Assemblée n'ont même pas évoqué ce problème, qui n'est pas politique, mais historique, ou si l'on veut, métaphysique et religieux.

Le progrès médical ne peut plus être financé par la Sécurité sociale, il sera donc privatisé. Les hôpitaux et les services d'urgence, débordés, s'engorgent inéluctablement. La médecine à deux vitesses s'installe au coeur de notre état-providence en crise. En revanche, les cliniques privées, sur le modèle américain, permettent à quelques happy fews de rêver à une existence prolongée par les bio-technologies jusqu'à 120, 130 ans et plus... C'est le transhumanisme dont le "philosophe" Luc Ferry se fait l'apôtre, mais pour les riches, et l'euthanasie pour les autres, les pauvres...

On ne trouve rien de tout cela à l'Assemblée nationale, dans son débat "républicain", c'est à dire unanime, sans enjeu véritable:

Quelle est donc la solution? J'aimerai bien en proposer une au chrétien François Bayrou, qui ne doit pas être très à l'aise sur ce sujet. Je lui parlerai d'un problème que je connais un peu: l'Accident Vasculaire Cérébral, sous un forme grave.

Je lui proposerai d'abord de faire rembourser intégralement par la sécu les soins des neuropsychologues (les kinés du cerveau). Des dépenses supplémentaires, donc, mais intégralement financées par les mesures suivantes: les études des futurs neurologues et psychiatres seraient diminuées d'un an, et ces deux spécialités seraient à nouveau fusionnées dans le cadre de la neuropsychiatrie, comme c'était le cas avant 1968. On arrêtera de distinguer la matière du cerveau (dont les neurologues sont chargés) et l'esprit de celui-ci (domaine des seuls psychiatres). Ce maudit Progrès médical, qui nous entraîne vers la mort toujours plus douloureuse et plus tardive, serait ainsi ralenti.

On arrêterait de distinguer, de manières cartésianiste plus que cartésienne, la chair et l'esprit, le corps et l'âme. Mon professeur de philosophie en terminale, Monsieur Detape, nous disait qu'il aurait beaucoup de mal à être chrétien sans la notion de "résurrection de la chair" du Credo catholique. L'homme est fini, et il porte l'infini en lui. Cinquante ans ou cent dix ans d'espérance de vie ne changent pas grand chose à l'affaire. Autant ne pas aggraver les inégalités entre les riches et les pauvres, bientôt les transhumains et les euthanasiés.

Lien permanent Catégories : politique, Religion, Santé, Science 1 commentaire

Commentaires

  • Bravo, tout est dit et le reste n'est que verbiage. Le petit caporal allemand doit se tordre de rire dans les flammes de l'enfer...

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